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Le Vin au Naturel

Article du 23-04-2013

L’homme s’est séparé de la nature, sans doute avec Galilée. Cette schizophrénie du monde a donné naissance à la science, mais aussi à l’exploitation, à l’asservissement de la nature.

Est venue, écrasante, l’industrie agro-alimentaire qui veut adapter les écosystèmes. A tel point que sont aujourd’hui mis en demeure de justifier leurs choix les agriculteurs, les viticulteurs qui veulent eux s’adapter aux écosystèmes.

Mis en demeure de nommer bios, biodynamiques, naturels des vins qui ne devraient que s’appeler vins. Alors que l’élaboration de ce que l’on nomme vins (ni bios, ny biodynamiques, ni naturels) use et abuse d’engrais, de pesticides, de levures, bactéries, sucres, acidifiants...

C’est le point de départ de cette réédition attendue de « Le Vin au naturel » de François Morel, rédacteur en chef de la revue « libre » Le Rouge & le Blanc, qui nous a donné bien des livres puisés dans sa profonde passion et sa vaste culture vineuse comme Le livre des vins insolites, Le voyage insolite de l’amateur de vin et Les objets de la vigne et du vin.

Sous son regard et sa plume défilent l’histoire de la technologisation et de la normalisation des vins - jusqu’à la « scandaleuse insignifiance d’un nombre non négligeable » d’entre eux…

Et d’embrayer sur les relations entre terroir et le mode cultural sous l’étendard de Marx ; « chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol », et, poursuit François Morel, « comme de juste, on n’a jamais autant parlé de « terroir » que depuis qu’il est dissous dans des pratiques qui le nient ».

Les différentes viticultures anti-productivistes et le cercle vicieux engrais-pesticides-œnologie sont finement expliqués, de même que les habituels points intéressants : le soufre, l’amphore, les « défauts », la « typicité » standardisatrice des AOC…

L’ouvrage est toujours clair, même s’il est parfois technique. Lorsque François Morel écrit par exemple : « qui sont les cons ? (…) Ceux qui font appel, pour lutter contre le développement des Brettanomyces, au diméthyldicarbonate (DMDC) – conservateur E242 commercialisé sous le nom de Velcorin -, malgré le fait qu’il forme du méthanol, toxique connu, et du carbamate d’éthyle, classé cancérigène ? Ou bien ceux (…) qui prennent le risque de faire du vin au plus près de la matière première, avec le moins possible d’intrants ? », on comprend à demi-mot…

Enfin, cette démonstration ne serait rien sans les hommes qui ont marqué et marquent l’histoire des vins au naturel (comme Jules Chauvet ou Marcel Lapierre), sans les associations ou les salons qui unissent les forces (Sève, La Dive Bouteille…) et les cavistes qui privilègient les vins au naturel.

Un livre pour une bataille de moins en moins perdue

C’est paru aux Editions Sang de la Terre - www.sangdelaterre.fr

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