Noé, l'antiquaire des vins

Article du 04-12-2006

Dans une rue tranquille qui donne sur le quai d'Orsay, dans le quartier du Village suisse des antiquaires, une boutique à la devanture ancienne, dont la porte est poussée (lorsqu'un des maitres des lieux est là) par des amateurs et collectionneurs de toutes nationalités.

Achats et ventes de grands crus. Roland Marzari, qui s'est adjoint Frédéric Béal, a ouvert en 2002. Depuis, c'est toujours le même accueil chaleureux et cultivé.

Philosophie : "Il faut que le client soit content, revienne, devienne un ami." De ces amis avec lesquels sont organisés des dégustations autour d'un lièvre à la royale et qui savent s'ébaubir à l'aveugle d'un Attrape-Coeur de Chantal Comte.

Etre antiquaire des vins c'est - au bas mot - un triple métier.

D'abord et d'une, il faut savoir trouver les caves ou bouteilles à acheter. Les châteaux ne vendent pas leurs vieux millésimes, et les gardent pour leurs occasions privées. On peut compter sur quelques négociants de Bordeaux. Il faut aussi se tenir au courant, se faire connaître pour que les candidats à la cession se manifestent, et entretenir son réseau de collectionneurs auxquels racheter - parfois plusieurs années plus tard - leurs acquisitions.

Deuxième savoir-faire ; expertiser les bouteilles (voir ci-dessous). Enfin, trouver les clients à qui vendre les précieux flacons.

 

La plus ancienne bouteille en cave ? Roland Marzari descend à la cave chercher un Cognac de ... 1800 (photo ci-dessous).
Mais son année préférée - pour tout - c'est 1811, l'année fertile de la comète de Hailey.

Un truc ? Si vous devez acheter une bonne bouteille pour fêter les dix ans, ou les vingt ans d'un événement l'année prochaine (2007), achetez le millésime souhaité (en 7 ; 1967, 1977....) dès maintenant.
La demande sera plus forte l'année prochaine et donc les prix ... plus élevés.

Comment expertiser une bouteille ?

L'expertise a pour objet de vérifier l'authenticité et de se faire une idée de la qualité d'une bouteille. .

Reconstituer l'histoire de la bouteille

L'expert traque tous les indices susceptibles de lui apporter des réponses sur ces deux points. Le mieux est de pouvoir reconstituer l'histoire de la bouteille, et notamment les conditions dans lesquelles elle a été stockée et transportée.

L'expert va donc préférer aux ventes aux enchères l'achat au particulier, dans sa cave.

Il pourra ainsi examiner les caractéristiques de ce lieu où ont été stockées - pour une durée plus ou moins longue - les bouteilles : la température, l'hygrométrie, l'existence de vibrations éventuelles (métro, autoroute...), la présence d'un livre de cave et les informations qu'il apporte.

Si une cave présente plus de 50 % de bouteilles douteuses, il jugera inutile de l'acheter - même en partie.

Pas d'incohérence !

L'examen de la bouteille elle-même est bien sûr crucial.

Ici aussi chaque indice compte : la couleur du liquide (une perte de couleur témoignera d'une rupture dans la température de conservation), son niveau dont il faudra déterminer s'il est normal au regard de l'êge de la bouteille.

Parfois, pour une caisse de bouteilles dont certaines ont vu leur niveau baisser, on peut sacrfier une bouteille pour refaire le niveau. Les grands châteaux s'en chargent parfois. Gratuitement ou avec un coût (12 € pour Château Latour, par exemple).

L'étiquette, la contre-étiquette éventuelle, la capsule (dont la taille a évolué avec le temps), ce qu'on peut voir du bouchon, le flacon sont d'autres points à analyser. Toute particularité inexplicable ou incohérente aura évidemment une forte incidence sur la valorisation de la bouteille.

A la suite de cet examen, l'expert pourra expliquer la valeur qu'il accorde à la bouteille et la garantie du client réside dans ce professionalisme.

 


 

 

Noé, l'antiquaire du vin

12 rue Malar
75007 Paris
Tél. +33 1 47 05 01 02

(Rappelons que, selon la Bible, Noé est l'inventeur de la viticulture.)

 

Roland Marzari intervient également en Suisse

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