Selfies et oenotourisme

Article du 07-09-2015

Des touristes qui passent leur temps à se photographier partout avec des perches à « selfies », des convives qui dans les restaurants smartphotographient chacun de leurs plats, des visiteurs de musées qui ne regardent pas les œuvres mais les prennent en photo…

On peut déplorer ou critiquer ces comportements, se moquer de ces phénomènes… A moins de vouloir réformer la planète (puisque les touristes de tous les pays sont concernés), il faut bien faire avec

Voire même, si on est un prestataire touristique, les comprendre et les utiliser.

Le smartphone a offert trois changements : la capacité pour chacun d’avoir en permanence sur soi un appareil de prise de vues, la facilité à se prendre soi-même en photo, et la possibilité de diffuser ces images en temps réel sur les réseaux sociaux.

Mais y a-t-il vraiment révolution ? De tout temps, le « travail » du touriste a été de fabriquer des souvenirs qui se racontent.

Une expérience à raconter

Plus que spectateur, à la différence du photographe, le touriste est acteur. Il paye pour vivre une expérience. Et une grande part de l’essence de cette expérience tient à l'intérêt et à la possibilité de la raconter. Pas de voyage sans récit de voyage. D’où les séances de diapositives au retour des périples d’antan.

Evidemment, l’expérience doit être valorisante, comme tout achat… Son récit, les objets ramenés, y compris les photographies, en sont le témoignage.

La fabrique du souvenir instantané

Comment mieux fabriquer du souvenir qu'en prenant une photo ?

Selon le mot d'Ansel Adams, « on ne prend pas une photo, on la crée ». Prendre une photo, c'est comme acheter - consommer - un « souvenir » dans la boutique du musée (après avoir traversé en coup de vent - comme bien des visiteurs - les salles d'exposition).

Photo ou objet, le touriste veut créer, prendre, emporter du souvenir.

Le vrai changement, c’est qu’aujourd’hui le touriste peut tout faire en même temps : le selfie est une expérience valorisante condensée dans une photo qui est un récit et un souvenir instantanés pour une audience présente sur les réseaux sociaux.

Narcissisme ? Oui, mais subtil. Si le touriste livre des images valorisantes, de par l’endroit où il se trouve (« the place to be ») ou les gens avec qui il est… il n’en fait pas une histoire : il est cool et fun.

D’où parfois les « duck face » et autres grimaces qui soulignent la distance que le sujet marque avec sa « Que-du-bonheur expérience ». 

Il faut garder tout ceci à l’esprit lorsqu’on accueille des visiteurs, des touristes, des oenotouristes.

L’objectif est de multiplier les occasions de donner aux gens ce qu’ils souhaitent : une expérience, une histoire valorisante, un objet ou une image qu’on a envie de partager tout de suite, de rapporter et de raconter.

Générer des selfies sera plutôt bon signe…

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