Pour un oenotourisme du bio

Article du 17-11-2015

Il y eut un temps la tentative de créer un réseau national de domaines viticoles bio (Organic Wine Tours).
Chaque année, les Great Wine Capitals s’attachent à décerner un « Best of Wine Tourism » pour la valorisation des pratiques environnementales.
En 2013 le salon Millésime Bio a publié un catalogue de l’oenotourisme Bio en Languedoc-Roussillon, et chaque édition du Guide Carité des vins bios prend soin de signaler les activités « oeno-écotouristiques » des domaines…

Par ailleurs, certains domaines viticoles présentent des activités oenotouristiques liées à des sentiers de biodiversité, à des activités de remise en forme, ou à des prestations oenogastronomiques évidemment à base de produits bio.

Pourtant, les initiatives oenotouristiques marquées du sceau du bio restent en nombre limité. Par sceau du bio, nous n’entendons pas un « label », mais un esprit, une couleur, une approche particulière…

Ce serait bien le diable si l’oenotourisme des vignerons bio n’avait rien de spécial à raconter et à faire vivre. N’y a-t-il pas des thématiques oenotouristiques spécifiquement bio à travailler ? N’y a-t-il pas dans le bio des richesses supplémentaires à expliquer, à partager, à fêter ?

Nous voyons quant à nous quatre axes d’actions possibles pour un oenotourisme bio authentique et rempli de sens.

Le premier est celui des pratiques et des savoir-faire. Les amateurs sont assoiffés de découvertes, d’apprentissage, d’expérimentation pour ce que sont les techniques du vin bio. Ils veulent comprendre – citons dans le désordre – la viticulture, la vie du sol, la vinification, l’enherbement, les levures, la biodynamie, les définitions et les règlementations…

Le deuxième concerne l’hédonisme, « la jouissance culturelle et œnophile de la vigne, du vin et de son terroir » pour reprendre l’expression de la Charte européenne de l’œnotourisme.
Comprendre et apprécier les paysages, goûter les saines et vraies saveurs des produits de la terre, vivre de manière épicurienne ou ludique le monde du vin bio.

Le troisième est celui des patrimoines et des héritages. L’oenotourisme bio a la légitimité de transmettre la culture et les patrimoines du vignoble, répondant en cela au goût du public pour l’histoire, le vintage, et « l’avant parenthèse industrielle » de la viticulture.

Enfin - c’est le quatrième axe - au-delà du vin, l’oenotourisme bio est à même de partager sa vision d’enjeux plus larges. Citons à la volée le climat et la biodiversité, l’agroforesterie et la permaculture, les locavores et les ruches, les haies champêtres et les hôtels à insectes…

Ainsi, il appartient à l’oenotourisme bio - un oenotourisme bio militant - de mieux faire connaître ses pratiques et sa philosophie, de partager un certain art de vivre, de redonner le sens des traditions vigneronnes, d’ouvrir sur d’autres approches environnementales.

Il faut par là-dessus, bien sûr, la création de réseaux locaux (chaque vigneron ne peut pas tout faire), de l’originalité, du ciblage de clientèles, des actions de communication et de promotion… mais il y a là – sur ces quatre axes – beaucoup de belles histoires à raconter, bien des expériences à faire vivre, et force souvenirs à donner aux amateurs.

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