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Mardi 13 Mai 2008

L'histoire du vignoble français dans les noms de lieux

WTIF

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La Roche-Vineuse, Chasselas, Le Cellier-aux-Moines, La Goutte-d'Or... Oui, on peut lire l'histoire du vignoble français dans les noms de lieux.

Disons d'abord que toute région de France qui, à un moment ou l'autre de l'histoire, a pu produire et écouler sa production a été une région de vignobles. Nombreux sont les noms de communes, de hameaux, de lieux-dits qui gardent trace de cette viticulture même si la vigne a aujourd'hui disparu en raison du phylloxera, du chemin de fer, ou de la croissance des pôles urbains.

Ainsi, « Nouvion-le-Vineux » nous dit que le Laonnois était une région de vigne, ce qui est attesté par d'autres documents. Et de nombreux toponymes de l'Ile-de-France (Vigneux-sur-Seine, Vigny, la rue des Morillons, du nom d'un cépage) confirment l'omniprésence jusqu'à une époque récente des « vins de France », comme on disait au Moyen-Age.

La toponymie (noms des communes) et la micro-toponymie (lieux-dits, parcelles) sont l'étude de ces traces. Ces toponymes peuvent remonter à diverses époques : préromaine, gallo-romaine, médiévale ou plus récente.

Sans distinction de région, penchons-nous sur quelques exemples de termes qui ont donné des noms de lieux.

On trouve en premier lieu bien sûr la vigne et ses dérivés (vignette, vignolle, vignaud, vignasse, vincelles), le cep (du latin « cippus », le pieu), les plants (plante, plantier, plantée), les jeunes plants (chapons), les noms de cépages disparus ou encore présents, les caractéristiques de ces cépages (les Nègres, pour un cépage tâchant).

Les modes de culture peuvent être déduits des termes utilisés : les vignes hautes, sur échalas ou fils de fer (hautains, tires, fourches), la treille (traille, treuil), les rangs de vigne (rondeaux), les sillons (versennes), les pieux (échalas, paisseau, troche, truchot ), certaines tailles (gobelettes), les surfaces (arpent, oumée, hommée, ouvrée), les cultures associées à la vigne (les groseillers, par exemple).

Certaines dénominations concernent les bâtis et accessoires : les clos, les murets (ou murgers, ou les perodelles), la cabane (ou la cadole), les celliers, les pressoirs, les bennes (tonneaux)

On peut signaler aussi les activités autour du vin : verreries, tonnes (tonneliers), buvettes...

Certaines parcelles sont désignées de manière dépréciative : verjus, verjutier, bouvreux ou bouvrots (ne produisant que des raisins verts), mocque-bouteille, moque-tonneau ou moque-poinçon (vignes au rendement décevant), piquette (ou picotte), galoppe, varosse, bardolle (mauvaises vignes)...

Certaines expressions peuvent désigner de bonnes terres à vignes : goutte d'or, grains d'argent, violettes (à cause du parfum du vin élaboré à partir de la parcelle) mais aussi chante-perdrix ou chante-merle (juste bonnes à faire chanter les oiseaux ou à planter la vigne).

Enfin des mots décrivent les caractéristiques « objectives » de certaines parcelles et restent souvent d'actualité aujourd'hui. Les matines désignent une terre ensoleillée tôt le matin. Les termes de pérole, perrières, gravains, roches, crêts concernent des terres empierrées ou rocheuses. Une gelière est évidemment concernée par les gels...

Que de richesse ! C'est pourquoi nous tiendrons régulièrement sur ce site une rubrique sur des exemples bien concrets, tirés des diverses régions et des divers français régionaux.

André Deyrieux

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